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A la une Le palmarès !
 

Palmarès du 60e Festival de Cannes

Palme d'Or : 4 mois, 3 semaines et 2 jours de Cristian Mungiu



Grand Prix : La Forêt de Mogari de Naomi Kawase



Prix du 60e anniversaire : Gus Van Sant et son film Paranoid Park



Prix d'interprétation féminine : Jeon Do-Yeon pour Secret Sunshine



Prix du scénario : Fatih Akin pour De l'autre côté



Prix de la mise en scène : Julian Schnabel pour Le Scaphandre et le papillon



Prix d'interprétation masculine : Konstantin Lavronenko pour Le Bannissement



Prix du Jury, ex-aequo : Persepolis de Marjane Satrapi & Vincent Paronnaud

Lumière silencieuse de Carlos Reygadas


Caméra d'Or : Meduzot d'Etgar Keret et Shira Geffen (Semaine de la Critique) - Mention spéciale pour Control d'Anton Corbijn (Quinzaine des réalisateurs)



Palme d'Or du court métrage : Ver llover d'Elisa Miller - Mentions spéciales pour Ah Ma d'Anthony Chen et Run de Mark Albiston

Palme d'or exceptionnelle : Jane Fonda



4 mois, 3 semaines, 2 jours... et 1 palme. Présenté en tout début de festival, et immédiatement plébiscité par la critique, le film 4 mois, 3 semaines et 2 jours, deuxième long métrage du cinéaste roumain Cristian Mungiu, a décroché la Palme d'Or du 60e Festival de Cannes, remise par le Jury de Stephen Frears. Ce long métrage avait de nombreux atouts à faire valoir pour la récompense suprême. En particulier, il associe un sujet fort (l'avortement dans la Roumanie de Ceaucescu) susceptible d'intéresser le grand public, et un vrai travail de mise en scène (composée de longs plans séquences) à même de satisfaire les cinéphiles les plus exigeants.

La rumeur le donnait favori depuis quelques jours, une impression confirmée par les premiers prix qu'il a glanés hier (Prix de la Critique internationale, Prix de l'Education Nationale). C'est la première fois qu'un film roumain obtient cette consécration à Cannes, même si cette cinématographie a le vent en poupe : en 2005, La Mort de Dante Lazarescu de Cristi Puiu décrochait le Prix Un Certain Regard, l'an dernier, la très convoitée Caméra d'or était remise à 12h08 à l'est de Bucarest de Corneliu Porumboiu et hier, le Prix Un Certain Regard est revenu à California dreamin' de Cristian Nemescu (décédé après le tournage). Ajoutons que Cristian Mingiu fut découvert à Cannes en 2002 avec L'Occident... mais c'était à la Quinzaine des Réalisateurs.

On retrouve la plupart des autres favoris de la Compétition au palmarès, à la notable exception du No country for old men des Coen. Il est vrai que ce brillant divertissement ne cadrait pas trop avec un palmarès d'une grande cohérence. Le jury de Frears a en effet choisi de distinguer des oeuvres qui examinent l'être humain au plus près de ses douleurs (le deuil chez Kawase et Lee Chang Dong, la maladie chez Schnabel, le mal-être adolescent chez Van Sant). Notons que ce Jury qui respecte la parité (4 messieurs, 4 dames) a été très sensible à des portraits de femmes en lutte, brossés par Mungiu, Chang-Dong, Fatih Akin et Satrapi.

Les favoris sont là, donc, mais pas forcément aux places attendues. Si la comédienne de Secret sunshine, dans le rôle délicat d'une femme borderline malmenée par la vie, était grande favorite pour le Prix d'interprétation féminine, la rumeur promettait davantage à Fatih Akin que le Prix du scénario. Idem pour Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud qui se contentent du Prix du Jury, ex aequo avec Lumière silencieuse de Reygadas. Pour Le Bannissement, on attendait plutôt le Prix de la mise en scène, et c'est son comédien qui a été récompensé, et à l'inverse, on pensait que Le Scaphandre et le papillon serait salué à travers la prestation de son acteur Mathieu Amalric et c'est finalement pour la mise en scène peu orthodoxe (caméra subjective, voix intérieure...) de Julian Schnabel qu'il figure au palmarès.

Le Jury a usé de son joker "Prix du 60e anniversaire" pour saluer Gus Van Sant (déjà palmé pour Elephant), couronné cette fois "pour l'ensemble de son oeuvre mais aussi pour un très beau film" selon les mots de Frears. Le cinéaste de Portland fait figure de vétéran à côté des autres primés, qui, à part Naomi Kawase, étaient tous en Compétition pour la première fois. Ce ne sont toutefois pas vraiment des inconnus : Akin a déjà eu l'Ours d'Or pour Head-on et Zviaguintsev le Lion d'Or pour Le Retour... De même, Naomi Kawase est une ancienne lauréate de la Caméra d'or (pour Moe No Suzaku, découvert à la Quinzaine, décidément une jolie pépinière...). Le Grand Prix qu'elle obtient est une surprise, même s'il est parfaitement justifié : cette récompense distingue généralement une oeuvre ambitieuse sur le plan formel.

Gus Van Sant est donc le seul rescapé parmi les "habitués" de Cannes (exit Kusturica, Tarantino, Wong Kar-wai) et aussi parmi les représentants du cinéma US (Tarantino, Fincher, Gray : tous out). Et si la France glane deux trophées, ce n'est pas à ses "auteurs" (Breillat, Honoré) qu'elle le doit, mais à deux projets hors-normes, une adaptation littéraire réalisée par un Américain et un film d'animation. Au fait, Persepolis est le premier film d'animation primé à Cannes depuis La Planète sauvage en 1973.

Julien Dokhan avec la rédaction d'Allociné

Un Certain Regard

Prix Un Certain Regard - Fondation Gan pour le cinéma : California dreamin' de Cristian Nemescu

Prix spécial du Jury Un Certain Regard : Actrices de Valeria Bruni-Tedeschi

Prix coup de coeur du Jury Un Certain Regard : La visite de la fanfare d'Eran Kolirin

Quinzaine des réalisateurs

Prix Regards Jeunes : Control d'Anton Corbijn

Label Europe Cinéma : Control d'Anton Corbijn

Prix Art et Essai : Garage de Lenny Abrahamson; mentions pour Control d'Anton Corbijn et Gegenüber de Jan Bonny

Prix SACD du meilleur court métrage francophone : Même pas mort de Claudine Natkin

Semaine internationale de la Critique

Grand Prix : XXY de Lucia Puenzo

Prix de la SACD : Meduzot d'Etgar Keret et Shira Geffen

Grand Prix Canal + du meilleur court métrage : Madame Tutli-Putli de Chris Lavis et Maciek Sczerbowski

Prix de la Cinéfondation

1er Prix : Ahora Todos Parecen Contentos de Gonzalo Tobal

2ème Prix : Ru Dao de Chen Tao

3ème Prix (ex-aequo) : A reunion de Hong Sung-hoon et Minus de Pavle Vuckovic

Prix France-Culture 2007

Lauréat : le cinéaste cambodgien Rithy Panh

Prix du Jury oecuménique

Lauréat : De l'autre côté de Fatih Akin

Prix de la critique internationale (FIPRESCI)

Compétition : 4 mois, 3 semaines et 2 jours de Cristian Mungiu

Un Certain Regard : La Visite de la fanfare de Eran Kolirin

Quinzaine des réalisateurs ou Semaine de la Critique : Elle s'appelle Sabine de Sandrine Bonnaire (Quinzaine des réalisateurs)

Prix de l'Education nationale

Lauréat : 4 mois, 3 semaines et 2 jours de Cristian Mungiu

Prix de la Commission Supérieure Technique

Janusz Kaminski pour Le Scaphandre et le papillon

 
 
 
Mais quand donc sortiront les films de Cannes ?
 

Vous avez déjà vu Zodiac, Les Chansons d'amour, Le Scaphandre et le papillon et Tehilim et vous aimeriez bien découvrir les autres films du dernier Festival de Cannes ? Toutes les dates ne sont pas encore connues, mais, histoire de vous donner l'eau à la bouche, AlloCiné vous propose un petit calendrier des prochaines sorties cannoises, qui nous emmène (au moins) jusqu'en février 2008...

Juin


6 juin : Boulevard de la mort - Quentin Tarantino
13 juin : Et toi, t'es sur qui ? - Lola Doillon
A l'intérieur - Julien Maury et Alexandre Bustillo

20 juin :
Ocean's 13 - Steven Soderbergh
Héros - Bruno Merle

27 juin : Persepolis - Marjane Satrapi & Vincent Paronnaud (Prix du jury)
Roman de gare - Claude Lelouch


Août


15 août :
Naissance des Pieuvres - Céline Sciamma
Caramel - Nadine Labaki
22 août : Boarding gate - Olivier Assayas
29 août : La Question humaine - Nicolas Klotz

4 mois, 3 semaines et 2 jours - Cristian Mungiu (Palme d'or)

Septembre


5 septembre :
Tout est pardonné - Mia Hansen-Løve
19 septembre : A Mighty Heart - Michael Winterbottom
26 septembre : L'Age des ténèbres - Denys Arcand
        Alexandra - Alekandre Sokurov

Control - Anton Corbijn

Octobre


3 octobre :
Retour en Normandie - Nicolas Philibert
17 octobre :
Sicko - Michael Moore
24 octobre :
Paranoid Park - Gus Van Sant (Prix du 60e anniversaire)
31 octobre :
La Forêt de Mogari - Naomi Kawase (Grand Prix)



Novembre


14 novembre :  De l'autre côté - Fatih Akin (Prix du scénario)
Un Homme perdu - Danielle Arbid
       21 novembre :
La Nuit nous appartient - James Gray
      
Souffle - Kim Ki-duk
La France - Serge Bozon

28 novembre :
 My Blueberry Nights - Wong Kar-Wai


Décembre


12 décembre : Triangle - Ringo Lam, Johnny To & Tsui Hark
19 décembre :La Visite de la fanfare - Eran Kolirin
26 décembre : Meduzot (Les Méduses) - Etgar Keret et Shira Geffen (Caméra d'Or)
(non défini) Actrices - Valeria Bruni Tedeschi

(non défini) Promets-moi - Emir Kusturica



Fin d'année 2007

Secret Sunshine -Lee Chang-Dong (Prix d'interprétation féminine)
L'Homme de Londres - Bela Tarr



Janvier 2008

26 janvier :
Le Bannissement - Andrei Zviaguintsev (Prix d'interprétation masculine)
(non défini) Voyage du Ballon rouge - Hou Hsiao Hsien 


Février 2008


6 février : No country for old men - Ethan & Joel Coen


1er trimestre 2008

Gegenüber - Jan Bonny
Elle s'appelle Sabine - Sandrine Bonnaire

 
 
 
La montée des marches du 27 mai 2007
 
La dernière montée des marches du 60e Festival de Cannes... (c) Akamedia/HPP

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L'Age des ténèbres

Année de production : 2007
 
 
Jour 12 : Souvenirs de Cannes
 

Souvenirs, souvenirs...

Voilà, le 60e Festival de Cannes vient de s'achever avec la consécration du film roumain
4 mois, 3 semaines et 2 jours de Cristian Mungiu. Nous sommes fourbus, mais nous tenons tout de même, chacun des membres de la rédac', à vous livrer nos souvenirs les plus marquants de cette folle quinzaine cinématographique. En espérant que vous avez passé un bon Festival en notre compagnie, la Rédaction d'AlloCiné vous donne rendez-vous pour la 61e édition et, bien sûr, tout au long de l'année !

Clem : le coup de coeur Persepolis, découvert le dernier jour du Festival; David Fincher, mon maître, sélectionné en Compétition; la tornade Asia Argento, qui a fait le show sur la Croisette; U2 sur les marches; Clooney et Matt Damon croisés sur les hauteurs cannoises; les (trop) nombreux cafés engloutis au Wifi-Café, les Tic-Tac, les tapis de fakir, les auto-portraits et, bien sûr, toute la fine équipe de la rédac' cannoise : Yo, Vinz', Capo, Eric, Gui, Julien, Jaja et Carole... See ya next year !

Eric : Les nonnes volantes d’Harmony Korine, l’atmosphère moite de La forêt de Mogari qui a progressivement rempli la salle Debussy, les éclats de rire bienvenus de Promets-moi, la belle surprise Persépolis, les robes de soirée sur la Croisette, toujours plus belles, les délires des intenables Eric et Ramzy (voir la vidéo), le temps qui passe trop vite (comment faire pour voir tous les films ? ) et la lumière aveuglante des bureaux situés sous le palais des Festivals que l’on ne regrettera pas.

Yo : ma rencontre avec QT, ses charmantes grindhouse girls (ah... Rosario...) et cette vieille ganache de Kurt Russell, le regard torride et la gentillesse d'Asia Argento, Javier Bardem en tueur à gages chez les Coen, les vannasses de George "What else" Clooney en conf de presse, les rires et les larmes de Persepolis, les Tic-T.. goût cerise acerola (à raison de 3 boîtes par jour, l'action a fait un sacré bond à Wall Street il paraît), nos tchecks avec Eric & Ramzy, le concert "privé" de U2 (10 000 personnes, c'est privé pour eux, qu'on se le dise), le crew AlloCiné toujours vaillant après 12 jours de festival... et Cannes 2008, pour lequel on essaiera de faire encore et toujours mieux. Merci pour votre fidélité et à très vite en ligne !

Julien : Des images et des sons : Chiara Mastroianni qui chante juste (Les Chansons d'amour), Chiara Mastroianni qui chante faux (Persepolis), le regard perdu de Ian Curtis-Sam Riley (Control), le regard vide de l'ado de Paranoïd park, le sourire béat d'Anna Faris (Smiley face), le sourire ambigu de Jacques Vergès, la course-poursuite fatale de La Nuit nous appartient, la course-poursuite finale de Death proof , les faux ronflements du gamin de Secret Sunshine, mes vrais assoupissements de fin de festival (promis, je revois La Forêt de Mogari à paris...) la tarte à la crème que se reçoit Valeria Bruni Tedeschi (mais pas la tarte aux myrtilles de Wong Kar-wai), les allers et retours de Fatih Akin (De l'autre côté), et Asia Argento qu'on suivrait au bout du monde...

Gui : Un Festival de Cannes qui pourrait se résumer en une formule : 60e = U2. Une prestation scénique certes courte, mais mémorable !!! Et puis, j'allais oublier le glamour de la Disparue de Cannes Sophie Marceau, la gentillesse de Béatrice Dalle et le charme d'Alysson Paradis, toutes deux rencontrées A l'intérieur de l'espace Unifrance, un lieu où les stars se montrent des plus accessibles... Un Festival décidément placé sous le signe du film de genre avec l'impressionnante course-poursuite sur le Boulevard de la mort et l'oeuvre très inspirée des frères Coen. Et enfin la Croisette by night, ces bombes atomiques sorties de nulle part et nos gueules de déterrés !!!

Vinz : Ce que je retiendrais du pays où l’on juge un homme à la couleur de son accréd’ ? L’éblouissant Persepolis, les écrans bleus des portables qui illuminaient les salles de projection, les sifflets à l’issue de la projo de La Nuit nous appartient (les gars, prenez une caméra !), la tornade sensuelle Asia Argento, la nervosité inquiétante de Joaquin Phoenix, le fusil à pompe de Bardem dans No Country For Old Men, la disponibilité du staff cannois (et particulièrement la patience des vigiles à l’entrée du bunker), la langue de bois sympathique des Coen Bro. lors de la conférence de presse de leur film.... et LA vanne du Festival, balancée par Yo à Clem l'avant-dernier soir. Les deux intéressés savent de quoi je parle...

 
 
 
"Promets-moi" vu par la critique
 

Avec Wong Kar-wai, Tarantino et Van Sant, Kusturica était l'un des rares habitués de la compétition cannoise cette année. Et, plus encore qu'aux trois premiers, reproche lui a été fait de ne pas s'être suffisamment renouvelé. Dans Libération, Gérard Lefort est bien l'un des rares à s'être amusé : "Promise Me tient sa promesse de belles retrouvailles avec le Kusturica du temps jadis (...) avec coup d'oeil appuyé aux facéties venues du monde de Tim Burton (...), voire de Wallace et Gromit quand le comique s'emballe dans l'absurde." Marie-Noëlle Tranchant (Le Figaro) s'efforce de minimiser son agacement : "Tout est bariolé et tonitruant, un peu trop constamment crié. Dommage que Kusturica force le ton jusqu'à s'érailler la voix, comme s'il lui fallait faire la preuve d'une vitalité inventive que personne ne lui conteste."

D'autres ne prennent pas de précautions, et leurs critiques à l'égard de Kusturica sont  souvent violentes : "Est-il possible qu’un cinéaste soit aussi peu capable de se renouveler, sinon en sombrant de plus en plus dans la farce vulgaire ?" s'interroge Kaganski dans les Inrocks. "La farce noire y devient étouffe-chrétien, la truculence vulgarité, l'incongruité platitude, et le sens du récit une litanie de scènes mal troussées et cousues de fil blanc", tempête Jacques Mandelbaum (Le Monde). "C'est censé être pétaradant, truculent, tonitruant, que sais-je encore, mais c'est à peine mieux qu'un nanar des années 70, type La 7e compagnie" (Jacques Morice (Télérama). Peut-être qu'en fin de festival, le calme d'une Kawase convient mieux que le rythme effrené d'un Kusturica. On comprendrait alors encore mieux la réaction de Vavasseur (Le Parisien) : "C'est bruyant, appuyé, traversé de guimbardes bringuebalant chargées d'improbables Dalton, et, au final, assez épuisant."

 
 
 
"La Forêt de Mogari" vu par la critique
 

Auteur d'une oeuvre singulière, Naomi Kawase est depuis longtemps soutenue par la critique. Présenté en fin de festival, son film a encore une fois envoûté les journalistes. "Kawase excelle à pulvériser cette trop franche opposition nature/psychisme comme toutes les autres que mobilise le film (...) grâce à cette manière de filmer qui affole délibérément les repères, diffracte ce qui semblait affirmé, revient sur ses pas ous ‘emballe sans raison apparente", écrit Charlotte Garson (Cahiers du cinéma). Dominique Borde est également sous le charme de ce "film mélancolique et apaisant. Plein d'une pudique espérance et empreint d'une sagesse discrètement édifiante comme une prière murmurée. "Le film distille un charme pas forcément évident : "on est d'abord sorti dubitatif avant que, peu à peu, le film nous travaille jusque dans notre lit et prenne toute son ampleur au matin" confesse Chauvin dans Chronicart, avant de s'enflammer : "C'est peu dire que Kawase nous a offert certaines des scènes et des plans les plus frappants du festival."

Cécile Mury (Télérama) est plus dubitative : "Après quelques scènes, très belles (...) Naomi Kawase s’égare dans un trekking spirituel un brin fastidieux.". Et forcément, lorsqu'on n'est pas sensible au charme, on s'ennuie : "Intense, dépouillé et par ail leurs superbement éclairé. Mais on a trouvé cette histoire de deuil assez mortelle", avoue Vavasseur (Le Parisien). Patrice Blouin des Inrocks était un peu inquiet, mais finalement... "on craint un instant, ici, que La Foret de Mogari n’enfonce trop pesamment le clou en doublant l’addiction. Mais le talent, exceptionnel et paradoxal de la cinéaste opère de nouveau". Bref, la presse est toujours prête à suivre Kawase, y compris Mandelbaum du Monde qui note "une légère récession dans le parcours de la cinéaste. Cela dit, toute chose étant relative, une récession chez Kawase vaut bien une progression chez quelques autres."

 
 
 
Ils montent les marches : un bon signe ?
 
Les équipes du Scaphandre et le papillon, de Secret Sunshine, de Lumière silencieuse, du Bannisement, de De l'autre côté, de Paranoid Park, de Persepolis, de 4 mois, 3 semaines et 2 jours, de La Forêt de Mogari...  ont monté les marches pour assister à la cérémonie de clôture de ce 60e Festival de Cannes. Ils seront sans doute au palmarès. Mais pour quel prix ? Et à qui la très convoitée Palme ? Faites vos jeux...
 
 
 
Brin de Croisette avec Sara Forestier - Episode 6
 
Marraine du Prix de la Jeunesse de ce 60e festival, notre chère Sara Forestier (à la Rédac', on l'aime bien la petite Sara) arpente la Croisette micro en main et interviewe des personnalités du cinéma autour de la jeunesse. Quand Sara rencontre Lola Doillon et les petits jeunes de Et toi t'es sur qui ? : action ! (c) Fenêtre sur Prod

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Sara Forestier
Né le 04 Octobre 1986 à
Parution dans Juliette et Romeo, Gainsbourg - (vie héroïque), Le Nom des gens
 
 
"Une vieille maîtresse" vu par la critique
 


De
Parfait amour! à Romance, les films de Catherine Breillat ont souvent suscité le scandale. Pour cette première sélection cannoise en compétition, l'accueil de la critique est des plus apaisés - un peu trop ? Dans le Tableau du film français, un seul critique rejette le film (Eric Libiot de l'Express), mais seulement deux lui accordent 3 étoiles (les frères ennemis des Cahiers et de positif !). Les autres journalistes sont entre les deux, mi-figue mi-raisin, comme Thomas Sotinel (Le Monde) : "de belles séquences en chambre, dont Catherine Breillat maîtrise si bien la mise en scène (...) mais ces amants se meuvent dans un univers factice, dont on dirait que la réalisatrice ne sait que faire". Le côté film d'époque dérange encore plus Pierre Murat (Télérama) : "La solennité des décors, des costumes, des mouvements de caméra, qui plus est, l’ont curieusement poussée vers un académisme dont on la croyait incapable..."

Dans Première, Olivier de Bruyn s'emploie à s'éparer le bon grain de l'ivraie : "Quand elle s’attarde sur les commentaires des personnages secondaires, le film donne d’inquiétants signes de faiblesse. Le meilleur est donc niché ailleurs, dans les mots, maux et brûlures inhérents au couple que la cinéaste met en scène avec une énergie rageuse"; Arnaud Macé (Les Cahiers) juge au contraire le film parfaitement dosé : "un heureux équilibre des humeurs sert cette liberté nouvelle. L’humour et la légèreté des uns accompagnent et limitent le sérieux passionné des autres". Dans Libé, Séguret savoure sans réserve ("une nouvelle maturité", "orfèvrerie des dialogues", couple d'acteurs "remarquable"). Dans Chronicart, Chauvin regrette la réalisation "plan plan" mais juge l'histoire "magnifique" et le sens du casting "imparable". La seule mini-polémique déclenchée par le film, c'est peut-être la présence de Claude Sarraute. "Fallait-il vraiment (lui) donner un rôle aussi important ?" s'interroge Vavasseur, tandis que dans Variety, Lisa Nesselson, épatée (et également très entichée du jeune Fu'ad Ait Aattou, compare la chroniqueuse à Maggie Smith et Diana Rigg.

 
Une vieille maîtresse
Réalisé par Catherine Breillat
Avec Asia Argento, Fu'ad Ait Aattou, Roxane Mesquida, ...
Année de production : 2007
 
 
"La Nuit nous appartient" vu par la critique
 

Le précédent film de James Gray, The Yards, avait été fraîchement accueilli sur la Croisette. C'était en 2000. Absent du palmarès cannois comme des sommets du box office US, le film bénéficie aujourd'hui d'une grosse côté d'amour auprès de nombre de cinéphiles. Les montagnes russes continuent pour Gray, puisque son nouvel opus, très attendu, a été hué à la fin de la projection de presse. Pourtant, lorsqu'on ouvre les journaux français, on lit des critiques plutôt favorables. C'est à n'y rien comprendre ! Petite précision : depuis vendredi, Screen ne paraissant plus, nous sommes privés du tableau des étoiles de la presse internationale...

"Quel beau titre et quel beau film !" Ainsi s'ouvre l'article du lyrique Jacques Mandelbaum (Le Monde), qui se termine ainsi : "Depuis l'éblouissante tenue des acteurs jusqu'à la manière de ménager l'esprit et la chair, la pensée et l'action, ce film (…) nous rappelle que James Gray est l'un des plus grands cinéastes américains de notre temps." Libération, sous la plume de Didier Péron, salue ce "polar bien ficelé et sous tension". Dans le tableau du Film français, Première et Positif lui décernent la note maximale. Vermelin (Métro) admire le travail d'un "brillant dramaturge et directeur d’acteurs" et Barbara Théate du JDD loue une mise en scène "totalement maîtrisée". Si Jacques Morice (Télérama) admet avoir été "un tout petit peu déçu", il n'en juge pas moins que le film "émerge du lot" dans la compétition. Idem pour Tessé (Chronicart) : "Scénario ? C'est pas terrible, c'est vrai, assez grossier (...) Mais on s'en fout un peu. Mise en scène, alors ? Là, James Gray n'a rien à envier à personne." Tranchant (Le Figaro) est un peu plus réservée ("Rien de neuf, mais du solide"). Seul Vavasseur du Parisien est franchement déçu, regrettant que le "savoir-faire débouche sur si peu d'invention scénaristique et une fin aussi politico-grotesquement correcte". On peut d'ailleurs penser que c'est ce dénouement qui est à l'origine des quelques sifflets.

 
La Nuit nous appartient
 
 
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