L'Europe centrale et orientale est à l'honneur cette année sur la Croisette. En attendant les films du Serbe Kusturica, du Hongrois Bela Tarr et du Russe Sokurov, place à 4 mois, 3 semaines et 2 jours, deuxième long métrage du Roumain Cristian Mungiu, auteur en 2002 d'Occident, primé à la Quinzaine des Réalisateurs.

Evidemment, on est très loin du glamour et des tartes aux myrtilles de Wong Kar Wai. Le cinéaste fait le portrait d'une jeune fille qui doit se faire avorter dans la Roumanie de Ceaucescu, et surtout de son amie qui l'accompagne dans sa démarche. Une oeuvre forte et émouvante, composée de longs plans séquences intelligemment construits. On pense au cinéma des Dardenne, pour cette façon de suivre, sans manichéisme, des personnages pris dans une situation inextricable, et aussi pour cet art de filmer la négociation -ici entre les jeunes filles et un mystérieux Monsieur Bébé, l'homme chargé de pratiquer l'avortement. L'an dernier, les Dardenne présidaient justement le jury de la Caméra d'Or, qui avait récompensé un autre film roumain, 12h08 à l'est de Bucarest. Cette fois, on ne serait pas étonné de voir figurer au palmarès 4 mois, 3 semaines et 2 jours (encore des chiffres roumains...), pourquoi pas à travers un Prix d'interprétation pour l'étonnante Anamaria Marinca, jeune actrice qu'on verra dans le prochain Coppola.
Julien






